ADMEE – juillet 2018

L’Association Libanaise des Enseignants de français(ALEF), représentée par Prs. Randa Naboulsi et Ilham Slim-Hoteit, membres de l’Association pour le Développement des Méthodologies d’Évaluation en Éducation –  l’ADMEE-Section du Liban, a participé à l’Université d’été organisée à L’Université de Balamand  les 5 et 6 juillet 2108 par l’ADMEE-Section Liban

sur

Les pratiques réflexives et l’Autoévaluation

dans une perspective de développement professionnel au supérieur

Nous félicitons le groupe organisateur pour les efforts déployés pour la réussite de cet événement international.

Séminaire: Les approches comparatives

Dans le cadre des journées d’études dédiées au plurilinguisme dans le contexte éducatif  libanais, le  séminaire organisé par l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF) à l’initiative de Mme le  Professeur Randa Naboulsi  et  le Bureau des Langues de l’Université Libanaise  en partenariat avec l’Université Al Jinan et l’Institut Supérieur d’Orthophonie de l’Université Saint Joseph sur  «  Les approches comparatives dans l’enseignement/apprentissage des langues »  s’est déroulé lundi 25 juin au Rectorat de l’Université Libanaise en présence d’un grand nombre de spécialistes linguistes,  enseignants de français au Bureau des Langues et à l’Université Libanaise ainsi que les Présidentes et les membres des deux associations ALEF et ANEFL . La séance a été modérée par Pr. Ilham Slim-Hoteit, Secrétaire Générale de l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF).

Dr. Fadi Calargé, Directeur du Bureau des Langues à l’Université Libanaise, a prononcé une allocution de bienvenue  où il a remercié le Président de l’Université Libanaise Pr. Fouad Ayoub pour son appui  et ses  encouragements, l’AUF pour avoir continuellement soutenu l’action du Bureau des Langues et les différentes instances qui ont participé  à l’organisation de ce séminaire. Il a enfin souhaité plein succès aux travaux de ce Séminaire.

Dans son discours Pr. Slim-Hoteit a précisé que « la prise en compte des différents systèmes linguistiques dans un seul contexte éducatif a été sujette à  des débats très vifs. Le séminaire d’aujourd’hui traite la question des contacts des langues  dans notre contexte éducatif  libanais dans plusieurs domaines : la phonétique comparative français/arabe, la formation des enseignants, la comparaison de la phonétique de la langue arabe classique et de la langue parlée, enfin la rééducation phonétique (présentation d’un cas clinique) ». Elle a ensuite présenté un ouvrage qui a enrichi les études phonétiques arabes contemporaines, un ouvrage unique dans son genre ,il s’agit du livre  publié en arabe  récemment  par Pr. Bassam Baraké et ayant pour titre La phonétique générale :les phonèmes de la langue arabe.

Ensuite, elle a passé la parole aux spécialistes qui ont développé une réflexion bien nourrie de l’analyse comparative en phonétique française et arabe littéraire et dialectal et ont témoigné  de leurs expériences personnelles menées en didactique des langues et rééducation du langage.

Ont pris la parole successivement :

  • Bassam Baraké, Professeur des Universités, Président de l’Université El Jinan, Secrétaire Général de l’Union des Traducteurs Arabes .Sa communication  a porté sur « Phonétisme du français, phonétisme de l’arabe : approche comparative ». Il s’agit d’une approche qui vise à donner de nouvelles habitudes articulatoires aux apprenants et de les  inciter à prendre conscience des particularités  de la langue cible, en l’occurrence, le français dans notre contexte libanais.
  • – Salam Diab-Duranton, Professeure des Universités, Directrice du Centre de Recherche et d’Etudes Orientales, à l’Université de Grenoble-Alpes Responsable de la Section Orientale-UFR Langues Etrangères, titre de son intervention est « La phonétique arabe entre diachronie et  synchronie : société et identité ».Partant de l’étude de l’évolution des dialectes du Mashreq, notamment le libanais, Salam Diab-Duranton  a étudié la place de ces dialectes dans les séries télévisées et l’investissement de ces séries dans l’enseignement de l’arabe et du français en tant que langues étrangères.

 

  • Madame Nouhad Abou Melhem, Orthophoniste clinicienne et enseignante à l’Institut supérieur d’orthophonie de l’Université Saint Joseph de Beyrouth. Sa communication a porté sur « La prise en compte de l’approche contrastive dans la rééducation du langage chez les enfants libanais bilingues ». Elle a précisé que « le Liban est un pays plurilingue au sein duquel les enfants dès leur plus jeune âge, acquièrent plusieurs langues.          Cette acquisition est toutefois déséquilibrée lorsque l’exposition à la L2 se              fait tardivement. Dans ce cas  là, le développement de L2 est marqué par transfert de la L1 et des  difficultés à percevoir les particularités de la L2. Une intervention orthophonique peut avoir lieu, suite à une évaluation approfondie du langage et du contexte d’apprentissage des langues, pour rééduquer ces imprécisions et ces confusions (phonétique et articulatoires par exemple) en s’inspirant le l’approche contrastive ».

 

  • Randa Naboulsi, Professeur de didactique et linguistique, à la Faculté de Pédagogie de l’Université Libanaise. Titre de son intervention « L’apport de la phonétique contrastive dans l’enseignement/apprentissage du français dans le contexte libanais ». Pr . Naboulsi a insisté particulièrement sur  la  nécessité de développer des stratégies d’enseignement apprentissage transférables de la Langue maternelle aux  langues apprises tardivement.

Pour terminer,  la séance  a été ouverte au public pour un débat  très intéressant et fructueux portant sur le statut du français au Liban, les stratégies  de l’enseignement / apprentissage d’une langue étrangère, le recours à la langue maternelle, la rééducation du langage, les problèmes de prononciation   et les difficultés articulatoires …

Prs. Ilham Slim-Hoteit et Randa Naboulsi

 

Compte-rendu de la conférence « Le Blended Learning »

L’ALEF était présente…

Mercredi 13 juin  à 10h00  s’est déroulé  au Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur,  le séminaire organisé par La Faculté des Lettres de l’Université Libano-canadienne (ULC) en partenariat avec la Faculté des Lettres de l’Université Islamique du Liban (IUL) sur « Le Blended Learning » au service de l’enseignement/apprentissage au Liban : cas de l’enseignement/   apprentissage des langues. 

Le séminaire a été animé par M. Pierre Gédéon, Directeur de l’ULC et modéré par M. Ali Kazwini – Housseini, Doyen de la Faculté des Lettres de l’IUL.

Un grand nombre de spécialistes de l’enseignement des langues a participé au débat dont Mme Ilham Slim-Hoteit, Secrétaire Générale de l’Association Libanaise des Enseignants de Français(ALEF), en présence du Directeur Général de l’enseignement Supérieur  M. Ahmad Jammal et le Directeur du Bureau Moyen Orient  de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), M. Hervé Sabourin.

« Le blended learning » a été conçu suite à l’échec du « e-learning » controversé par les différentes instances éducatives qui lui sont réticentes. Il s’agit de combiner l’enseignement en présentiel et l’enseignement en ligne. M. Ahmad Jammal a confirmé que ce type d’enseignement est reconnu par les lois de l’enseignement supérieur au Liban mais en fonction de certains critères qui demeurent indéterminés jusqu’à présent.

Hervé Sabourin a déclaré que l’AUF est tournée, depuis un an, vers une stratégie d’innovation pédagogique qui vise à l’utilisation approfondie des outils informatiques. Et selon une initiative mondiale, l’AUF travaille avec le Ministère pour la sortie d’un portail de ressources numériques comportant une bibliothèque numérique et des formations en ligne sur le « Blended learning ».

Compte-rendu Amlieh Mai 2018

Compte-rendu de la Journée francophone à AMLIEH

14 mai 2018

Sous le  Haut Patronage du Vice-Président M. Youssef  Baydoun  et  en partenariat avec l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF)  et l’Institut Français du Liban (IFL), les trois établissements (l’École Primaire, le Collège et le Lycée) de l’Association AMLIEH ont  clôturé les activités francophones pour  l’année scolaire 2017-2018,  le 14 mai 2018, par un événement intitulé « Voyage culturel ».

La cérémonie s’est déroulée à AMLIEH en présence du Vice-Président M.Youssef  Baydoun, de la Présidente de l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF) Mme Sophie Nicolaïdès-Salloum, des adhérents de l’ALEF, des membres du Bureau de l’Association AMLIEH, des Directeurs des établissements scolaires, des enseignants de français et de Mme Maha Housseini, Chef du Département de français.

Le Vice-Président Monsieur Youssef  Baydoun  a ouvert la cérémonie par une allocution qui a mis l’accent sur les différentes dimensions et valeurs de la langue française :

« Nous célébrons aujourd’hui la langue française, sa créativité infinie, et les valeurs de paix, de solidarité, d’égalité et de respect de la diversité des cultures, qu’elle prône.

Le français est cette langue qui raconte le monde d’hier et de demain. Elle résonne par sa littérature, par sa poésie, par la chanson, le théâtre, le cinéma, le sport, le débat philosophique ou l’éloquence, partout sur les cinq continents. Elle tisse le récit entre des individus que séparent des océans, des déserts, des traditions, et qui, dans le creuset de la langue française, se retrouvent et se comprennent ».

Il a ajouté : « Lire c’est entrer dans la substance de la langue, mais aussi dans sa mémoire et son imaginaire. La lecture en français est au cœur de notre Institution. Le « Rallye de lecture » permet à nos élèves d’explorer d’autres cultures, et de se former. Ainsi, nous avons voulu faire des établissements de l’Association Amlieh un laboratoire de la Francophonie. Un espace d’éducation de qualité, de rencontres, de recherche, de travail, de découverte ».

Ensuite Madame Sophie Nicolaïdès-Salloum, Présidente de l’Association Libanaise  des Enseignants de Français, a pris la parole. Elle a présenté l’ALEF « Notre association est affiliée à la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF) et elle est membre de la Commission du Monde Arabe (CMA), au sein de la FIPF. Cette commission a été fondée au Liban au cours du Colloque Moyen oriental organisé par l’ALEF en 1995. (Vous y avez participé M. Baydoun par une interview filmée) ». Elle a ensuite affirmé « Cette journée mettra en relief les talents de nos jeunes élèves qui s’épanouissent lorsqu’on leur confie une tâche qui n’est pas un devoir ou un examen de français. L’ALEF encourage ces initiatives qui permettent aux apprenants de faire preuve de créativité dans le domaine artistique. Apprendre par le jeu, par l’art  est un moyen agréable de prendre contact avec cette langue porteuse de valeurs humanistes ».

Enfin, Mme Maha Housseini, Chef du Département de Français à Amlieh, chargée de cours à la Faculté de Pédagogie, Section1, Correspondante Nationale de la CONFEMEN et Membre du Bureau Exécutif de l’ALEF, a montré  dans son allocution que « La francophonie est un espace où l’on peut apprendre le français autrement. Les enfants ont autant besoin d’art, de belles histoires, de poèmes et de musique que d’amour, de nourriture, de plein air et de jeux. Seule une pédagogie vivante, plaçant les idées et la culture au centre des apprentissages, permet de les élever… C’est avec enthousiasme et joie que nos jeunes élèves ont réalisé les différentes activités et ont expérimenté la richesse des échanges francophones dans la ressemblance et la différence ».

Suite à ces allocutions d’ouverture et dans un moment privilégié de l’identité francophone, le programme riche et varié s’est déroulé comme suit :

  • Chansons : les classes EB1, EB2, EB3, EB4 ( École Primaire AMLIEH et Collège AMLIEH)
  • Théâtre et présentation d’un auteur francophone (École Primaire AMLIEH)
  • Conte : l’élève, Zeinab Atwi, classe EB7 (Collège AMLIEH), a été sélectionnée pour participer au Festival “Le tour du monde en 80 contes”.
  • Journal de voyage: la classe EB7 (Collège AMLIEH) la présentation d’un projet artistique et littéraire “Les petits écrivent aux grands”, par l’Institut Français, dans le cadre des événements dédiés à la francophonie.
  • La remise des prix du Rallye Lecture, édition 2018.

Madame Ilham Slim-Hoteit

Secrétaire Générale de l’ALEF

Synthèse Mmes Slim et Naboulsi

Synthèse

Mmes Ilham Slim-Hoteit et Randa Naboulsi

 C’est pour nous un très grand honneur et un réel plaisir de clôturer ce colloque international portant sur « Le plurilinguisme dans l’enseignement au XXIème siècle: atouts et défis ».

Tout d’abord un grand merci à tous les intervenants et à tous les participants qui ont accepté de nous faire partager leurs expériences. Nous avons assisté à plusieurs débats, ateliers et conférences portant sur des thèmes complémentaires et différents, attenant à une même thématique « Le plurilinguisme».

La première séance plénière a été consacrée aux réformes des curricula de formation universitaire et leurs adaptations aux besoins linguistiques du marché du travail.

Langues et employabilité animée par Monsieur Hervé Sabourin et Monsieur Mohamed Embarki, a abordé les représentations des langues chez les jeunes francophones et le rôle des langues dans l’insertion professionnelle dans le Monde Arabe.

La deuxième plénière, animée par Mme Salam Diab-Duranton et Mme Rachida Dumas, a traité « la formation des enseignants dans les contextes plurilingues ».

Suite aux plénières, deux séances parallèles ont été réservées à la riche problématique des écrivains plurilingues. Les différentes communications ont cherché à comprendre la notion de plurilinguisme littéraire à travers l’expérience des écrivains francophones. Les intervenants ont tenté de percevoir comment les écrivains envisagent les différentes langues en présence et quels sont les rapports qu’ils entretiennent avec leur outil premier, langue maternelle classique (soutenue) et dialectale. Ils se sont penchés particulièrement sur les rapports entre langue(s) et littérature, langues et identité et sur l’idée de l’écrivain comme passeur de cultures.

Jean-Michel Nzikou a analysé dans sa communication l’expérience scripturale de l’écrivain congolais T Chicaya U Tam’si dans ses deux romans les Concrelats et Ces fruits si doux de l’arbre à pain. Il a mis l’accent sur sa façon d’envisager les différentes langues en présence dans sa production littéraire et les rapports entre langues et littérature. Une attention particulière est portée à sa posture auctoriale ou à sa manière de se faire passeur de cultures.

Les rapports aux langues et cultures et les questions identitaires, l’identité pluriculturelle ou l’identité double en construction sont abordés par deux intervenantes, Mme Faten Kobrosli qui a travaillé sur Dans la paix, l’amour et rien d’autre de l’écrivaine Libanaise Ezza Agha Malak et Mme Sarah Kouaider-Rabah qui a analysé le roman de Rosie Pinhas – Delpueche Les suites bysantines.

 Mme Franceline Daher-Planche, a traité les dimensions interculturelles des enseignements spécialisés en master de didactique de la langue Française : l’étudiant doit connaître la culture de l’autre et l’interpréter notamment la culture française. Mais il doit, pour commencer, connaître sa propre culture à travers la langue de l’autre pour penser et parler l’interculturel: l’œuvre de l’écrivain libanais Alexandre Najar a servi de corpus à cette étude.

 Mme Mériem Zeharaoui, a étudié Dans le cadre de sa communication, le rapport à la langue française qu’entretient l’écrivaine sénégalaise Fatou Diome, dans son premier roman Le ventre de l’Atlantique, thématisation de la langue française et recours à la langue maternelle, faisant apparaître ce que l’on pourrait nommer une « écriture mixte ».

 Mme Dalia Khraybani, a décrypté les différentes figures du métissage dans Tribulations d’un bâtard à Beyrouth de l’écrivain libanais d’expression française Rami Zein, elle a démontré comment le métissage, générateur d’une identité hybride se propose comme solution à la crise identitaire endurée par le personnage principal du roman.

 Mme Carole Ajami, a traité dans un premier temps son rapport à la langue française en tant qu’écrivaine libanaise d’expression française puis elle a exposé son travail de recherche en tant que doctorante à l’UL, son choix d’écrivains de langues et cultures différentes pour son corpus, leurs rapports au français : les questions de plurilinguisme, de pluri-culturalité et identité constituent des centres d’intérêt pour sa recherche.

 Mme Amal Ammar, s’est penchée sur les difficultés de l’apprentissage de la lecture en s’appuyant sur les conclusions des recherches les plus récentes relatives au travail sur le code, la conscience phonétique et le lien entre lecture et écriture.

Après ces deux séances parallèles, deux séances consécutives ont été consacrées à « La formation initiale et continue des enseignants dans les contextes plurilingues : disciplines linguistiques (DL) et disciplines non linguistiques (DNL) ».

 Mmes Randa Naboulsi, et Ilham Slim-Hoteit ont traité la « Maîtrise du français langue véhiculaire des savoirs disciplinaires, chez des futurs enseignants des sciences, dans un contexte plurilingue au Liban ». Le recours à l’arabe dialectal libanais est récurrent dans des situations d’interaction orales dans les classes des disciplines non linguistiques. A partir d’une étude des besoins langagiers émanant du terrain, elles ont essayé de définir le niveau du français requis chez de futurs enseignants des sciences.

 M. Stéphan-Ahmad Hafez et Mme Nada Basbous ont ciblé dans leur communication «les cours bilingues dans les disciplines scientifiques. Le cas des cours de biologie au Département d’éducation physique et sportive de la Faculté de Pédagogie ». A partir des enquêtes de terrain, d’observations de classes et d’analyse des supports de cours, les auteurs ont étudié la façon dont les cours sont préparés, organisés et animés dans ces DLN et ils ont réfléchi à un plan d’action pour des cours de disciplines bi /trilingues complémentaires et contextualisés.

 Mmes Souheir El Haj et Hiam Daou, dans leur communication « Le plurilinguisme : une entrée pour la remédiation aux erreurs portant sur l’emploi des pronoms », ont analysé les productions écrites en langue française des apprenants, ont remarqué que l’emploi erroné de plusieurs catégories et fonctions grammaticales, surtout celle des pronoms, pourrait être imputé à l’interférence de la langue maternelle. Ce qui les a poussées à se demander dans quelle mesure l’entrée comparative, ou “conjointe”, par la syntaxe des deux langues (LM et LE) pourrait remédier aux erreurs syntaxiques des apprentissages dans ce domaine. La méthode suivie sera celle de l’analyse des erreurs qui devra conduire à proposer une syntaxe de remédiation répondant aux besoins des étudiants.

 Mme Nada Abdallah, a essayé de présenter les domaines d’usage du français dans le contexte libanais vis-à-vis des pratiques de l’arabe ou « des arabes ». Une comparaison entre les manifestations des langues d’usage est menée suite aux résultats du« projet DUFRAM ».

La 7ème et dernière séance a été également consacrée à « La formation initiale et continue des enseignants dans les contextes plurilingues »

Mme Radiah Haddadi, Dans un contexte algérien plurilingue par excellence où se concrétisent les politiques linguistiques entretenues par l’Etat ainsi que les conflits linguistiques générés. Cette contribution a mis l’accent, à partir d’une enquête de terrain, sur les problèmes d’apprentissage de FLE, notamment ceux liés à la prononciation chez les apprenants algériens. les causes des carences en prononciation du français sont dues incontestablement et en partie intégrante à la dissimilarité des deux systèmes phonologiques (arabe et français) et pourraient aussi être en rapport avec les représentations sociolinguistiques de cette langue.

 Mmes Souad Saidoun et Imane Ouahib se sont intéressées aux difficultés liées au traitement de l’implicite, chez les lycéens algériens, lors de la lecture d’un texte littéraire. Partant d’un constat sur le terrain, elles ont remarqué lors de la lecture du texte littéraire que de nombreux lycéens peinent à interpréter l’implicite. Ce constat nous a amené à se poser les questions suivantes : Quelle place accorde-t-on à l’enseignement des inférences au cycle secondaire ? et comment favoriser l’enseignement des inférences ? Cette recherche vise à approcher les pratiques enseignantes pour décrire ce qui se fait dans le traitement de l’implicite et à proposer un dispositif qui favoriserait l’activité inférentielle.

 Mme Wajiha Smaili, a montré que l’une des principales manifestations du bi-plurilinguisme dans le système scolaire libanais c’est l’enseignement précoce de deux ou plusieurs langues dès l’entrée de l’élève à l’école. L’étude de Mme Smaili a porté sur une analyse des manuels de la première classe de primaire (EB1( d’arabe et de français les plus utilisés dans les écoles libanaises (publiques et privées). Elle a dans un premier temps déterminé les compétences de base pour entrer en lecture, elle a ensuite conçu une grille d’analyse des manuels à partir des compétences déterminées, des grilles d’analyse des manuels de langues et une prise en considération de la réalité du terrain. La présentation s’inscrit dans la perspective d’une didactique intégrée des langues dans un contexte plurilingue.

 Mme Hoda Koteich, Plusieurs études et statistiques ont confirmé que les libanais parlent plusieurs langues, dont récemment le rapport élaboré suite aux données collectées dans le cadre d’un projet international portant sur les Dynamiques des Usages, de la transmission et des représentations du Français dans l’espace Arabo-francophone au Maghreb et au Moyen-Orient (DUFRAM).

Les résultats ressortissant de ce rapport prouvent, par les chiffres, la cohabitation de plusieurs langues dans les pratiques socio-langagières des libanais, où plusieurs facteurs (psychologiques, sociologiques, linguistiques, culturels et cognitifs) entrent en jeu.

Il s’agit principalement des trois langues : l’arabe (avec toutes ses variantes), le français et l’anglais. L’anglais dont la présence était timide dans la société libanaise, réussit à y trouver place, mais sans pour autant supplanter le français, comme c’est généralement le cas actuel dans le milieu éducatif libanais.

La Table Ronde en plénière animée par Mme Sophie Nicolaïdès-Salloum a traité « Contact des langues : les français en francophonie »

Intervenants : M. Serge Borg, M. Hayssam Kotob, Mme Rachida Dumas, M. Youcef Arrif, M. Jean-Michel Nzikou, M. Adil El Madhi.

Le français est une langue universelle partagée par des locuteurs venus des quatre coins du monde. Et comme une langue est une culture, elle s’enrichit grâce aux apports des autres langues et elle enrichit, à son tour, les langues en contact avec elle.

Que faut-il faire des mots ou expressions produits des cultures francophones ? Faut-il les intégrer dans la langue française ou juste les signaler comme des mots exotiques ? A quel point le français répond-il aux besoins de ses interlocuteurs dans l’espace francophone ?

Si la langue française tient à rester une langue universelle, elle doit faire preuve de souplesse.

Pour terminer, il est intéressant de noter que cette synthèse a fait suite à la synthèse conjointement élaborée par M. Serge Borg et Mme Salam Diab-Duranton.

 

Compte-rendu de « l’Atelier associatif »

Compte-rendu  de « l’ Atelier associatif »

Dans le cadre des travaux du colloque « Le plurilinguisme dans l’enseignement au XXIème siècle :atouts et défis » les 22 et 23 mars à l’Ecole Doctorale des Lettres, Sciences Humaines et Sociales, l’Atelier Associatif animé par Mme Cynthia  Eid-Fadel, Vice-Présidente de la Fédération Internationale des Professeurs de Français (FIPF), a eu lieu le 24 mars à 10 heures  à Tripoli à l’Université El Jinane, grâce à l’appui moral et financier du Président de l’Université notre collègue S.E.M. le  Professeur Bassam Baraké et son équipe.

Tout a été soigneusement préparé par l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF) : choix de la ville de Tripoli, vu le besoin  d’actions culturelles  et de promotion de la langue française dans cette région,  choix du partenaire (Université el Jinane),  départ  et retour à Beyrouth et le  déjeuner somptueux et convivial offert via l’Université El Jiane, par l’Association « El Azem » présidée par S.E.M. l’ancien Premier Ministre  Najib Mikati : Le frère du premier Ministre Docteur Abed el Ilah Mikati nous a accueillis très chaleureusement, lors du déjeuner.

Parti à 7h30 de Beyrouth, le groupe ALEF arrive à 9h00 à Tripoli : La circulation dans le sens du nord  étant  très fluide, samedi matin.

Les membres de l’ALEF qui étaient présents sont : Mme  Randa Naboulsi, M. Habib Zorkot, Mme Ilham Slim-Hoteit, Mme Joséphin Akel, Mme Maha El Housseini, Mme Faten Kobrosli.

Notre Présidente Mme Sophie Nicolaïdès-Salloum, a été retenue à Beyrouth pour une raison de santé.

Étaient présents nos partenaires, le Directeur général de l’Association An Nour Monsieur Hayssam Amhaz et Mme Rima Mohamad Younès coordinatrice du français dans cet établissement.

L’inauguration a débuté par un bref  discours de bienvenue du Président de l’Université El-Jinane, S.E.M. le Professeur Bassam Baraké, et par le discours du Directeur du Centre de Recherches et de Développement de l’Université. Suite à ces deux discours, Mme Ilham Slim-Hoteit, Secrétaire Générale de l’ALEF, a pris la parole pour remercier la Fédération Internationale des Professeurs de Français d’avoir proposé cet « Atelier Associatif » et  l’Université El Jinane  de l’avoir accueilli dans sa prestigieuse enceinte. Elle a ensuite exposé les objectifs de l’atelier et  son contenu : l’atelier comprend une présentation générale des projets et activités des associations d’enseignants de français, il présente les défis actuels rencontrés par les associations. Dans cet atelier il est notamment question de l’importance des plans d’action, de la démarche par projets et de diversification des activités, des partenariats et des financements. Il s’adresse  à des personnes qui sont déjà membres d’une association d’enseignants de français et à celles qui aimeraient en savoir plus sur les activités et le rôle de ces associations. Il comporte également  une présentation de la FIPF et de ses actions.

Enfin, Mme Bouchra Adra, Présidente de l’ANEFL, a pris la parole, pour présenter les différents projets de son Association et remercier la FIPF et Mme Cynthia Eid-Fadel.

Madame Cynthia Eid-Fadel  a animé l’atelier avec beaucoup d’enthousiasme, d’engagement et de professionnalisme en présence d’un public de 22 enseignants de tous les  niveaux (primaire, secondaire et universitaire), du secteur public et privé (6 adhérents de l’ALEF et 5 adhérents de l’ANEFL) les autres enseignants, sont venus intéressés par l’invitation que M. Mathieu Weeger, Attaché de Coopération Linguistique et Educative à l’IFL, Ambassade de France au Liban , avait lancé, par l’invitation sur notre site, et  l’invitation sur le site de la FIPF.

J’aimerais préciser que l’ALEF s’est occupée de l’organisation mais dans les lettres d’invitation adressées aux établissements, sur notre site et lors de l’Atelier nous avons bien dit que c’est un atelier co-organisé par l’ANEFL et l’ALEF par ce que nous tenons à fédérer pour le bien de notre cher pays…notre main est toujours tendue à notre chère  Présidente de l’ANFEL, Mme Bouchera Adra.(En PJ les deux invitations que nous avons adressées en arabe et en français aux établissements, elles portent le logo de l’ANEFL aussi ( pour le français nous avons adopté votre texte pour sa clarté et précision).

Cher Monsieur Grivelet,

Ce type d’atelier est très intéressant, non seulement, il contribue largement à une meilleure visibilité des associations et de la FIPF mais il permet aux associations de se rapprocher, de fédérer pour la promotion de cette belle langue  que nous aimons et qui nous unit. Nous avons toujours tenu au français et aux valeurs véhiculées par la langue et la culture françaises … reste à signaler qu’au Liban nos rapports au français sont séculaires et nous y tenons aujourd’hui et toujours.

Proposition :

L’ALEF souhaite que ces ateliers associatifs  se démultiplient à toutes les occasions et  pense particulièrement au congrès de la CMA à Agadir.

Respectueusement,

Pour l’ALEF

Professeur Ilham Slim-Hoteit

Ecole Doctorale-Université Libanaise

Secrétaire Générale de l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF)

Synthèse de M. Serge Borg

CR du colloque sur « L’enseignement du plurilinguisme au XXI° siècle : atouts et défis »

Chères et chers collègues,

Comme le veut la tradition académique, nous allons donc à présent, procéder au bilan de ce colloque sur « l’enseignement du plurilinguisme au XXI° siècle : atouts et défis ». Il aura réuni des enseignants-chercheurs de divers horizons scientifiques, lui conférant ainsi, une dimension épistémologique d’envergure et de qualité, en constituant un  carrefour de disciplines des sciences humaines.  Elles auront considérablement enrichi les débats sous l’égide de spécialistes en didactique du FLE, mais aussi d’autres langues (avec bien sûr, d’éminents arabisants), des chercheurs en sciences du langage (linguistes, phonéticiens, orthophonistes), en sciences de l’éducation, en psychologie, sans oublier la littérature, la civilisation et la culture dans toutes ses déclinaisons (théâtre, cinéma, diffusion du livre, spectacles vivants, et audiovisuel…).

Appréhendé dans l’orbite de la francophonie politique et culturelle, l’enseignement du plurilinguisme (mot-clé de ce colloque) au XXI° siècle, s’est également décliné sur le paradigme des représentations mentales concernant les langues, sur les normes et les usages en vigueur et sur les langues véhiculaires du savoir, dans les pays du Maghreb et du Machreq, et plus particulièrement au Liban, dans ce pays à la configuration linguistique et culturelle hautement complexes, uni dans la diversité.  Entre les politiques linguistiques et éducatives « confessionnalisées », les besoins de terrain et les moyens du bord ; une série de conférences et de communications, riches et diversifiées, sont venues refléter les préoccupations des chercheurs, de nature à la fois scientifiques, pédagogiques, professionnelles et sociétales.

Le plurilinguisme et son corollaire, le pluriculturalisme ont été explorés dans leurs aspects les plus traditionnels, à savoir le corpus et le statut des langues, mais aussi avec des leviers très féconds de promotion que sont le FOS (Français sur objectifs spécifiques), le FOU (français sur objectifs universitaires) pour une meilleure insertion professionnelle et pour de plus grandes mobilités (étudiante, enseignante et des chercheurs). Ils ont également été explorés, sur plan purement didactique, avec tout ce que suppose, sur le plan curriculaire et des contenus des programmes, la mise en place d’un dispositif plurilingue.

Ce dernier convoque, bien évidemment, des impératifs institutionnels (la prise en compte des besoins par les différentes instances éducatives officielles), mais aussi de formation initiale et continue des professeurs. L’enseignement du plurilinguisme, apparaît ainsi comme un potentiel vecteur en devenir, et les différentes contributions entendues durant ces deux journées d’études, n’auront pas peu contribué à formuler des avancées significatives, que les actes de ce colloque s’emploieront à formuler de manière explicite.

Par-delà les analyses politiques, institutionnelles, scientifiques et professionnelles ; ce colloque en terre levantine s’est révélé à la fois passionnant et très porteur sur le projet de société plurilingue. Il aura eu le mérite de replacer la réflexion sur le projet toujours délicat mais ô nécessaire, de construction identitaire en le dépassionnant, dans une actualité sociétale en constante mutation, à l’image de l’espace géopolitique en devenir que constituent les pays du pourtour méditerranéen, et bien au-delà.

C’est donc au service du dialogue des langues et des cultures du monde que le plurilinguisme apparaît à l’issue de ce colloque, comme un véritable projet de société, comme un lieu de rassemblement, de synthèse et de complétude dans le respect des diversités des peuples au sein desquels il se développe, un plurilinguisme où les atouts et les défis de la francophonie, jouent un rôle moteur déterminant.

 

Merci encore pour vos brillantes productions, pour votre enthousiasme contagieux et sachez que si ce colloque a pu briller de tous ses feux, durant ces deux journées très intenses, tout le mérite vous en revient.