« Le numérique dans les modèles éducatifs : réalités, défis et perspectives »

L’évènement a été accrédité par la Fédération Internationale des Professeurs de Français (FIPF)

A L’occasion du cinquantième anniversaire de la Fédération Internationale des Professeurs de Français (FIPF), l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF) organise en partenariat avec l’Université Libanaise-Bureau des Langues, l’Université du Saint Esprit (USEK), l’Université El Jinan et l’Institut français du Liban, les 3,4, 5 avril 2019, un colloque international sur

« Le numérique dans les modèles éducatifs : réalités, défis et perspectives »

                                                Argumentaire

De nos jours, chercheurs et  praticiens constatent l’impact du numérique sur les différents domaines de la vie et plus particulièrement sur le domaine de l’éducation. Divers et variés sont les outils en ligne, les sites web, les podcasts… qui envahissent notre quotidien et nous laissent perplexes devant les multitudes de choix offerts. Les technologies numériques se sont imposées dans notre vie, se sont substituées à de nombreuses façons traditionnelles de faire, et ont libéré des nouveaux potentiels pour accéder et partager les connaissances disponibles en masse sur le net (comment créer un site web, comment produire une vidéo, comment intervenir sur une image, comment concevoir une architecture d’informations fonctionnelle). Les modèles éducatifs n’échappent pas à cette réalité technologique et exigent désormais de nouvelles compétences nécessaires à la formation du citoyen de nos jours.  

Si les recherches se multiplient sur la manière d’introduire le numérique dans le domaine de l’enseignement-apprentissage des langues et des disciplines, les pratiques restent cependant  en deçà des recommandations scientifiques. Cette problématique nous préoccupe plus particulièrement dans notre contexte libanais pionnier dans le domaine de l’innovation et de la consommation de toutes nouveautés pédagogiques. Ce qui nous interroge sur le degré de congruence entre les politiques socio-économico-éducatives, les besoins du terrain et les programmes d’études d’une part, et les diplomations, les formations et les stages pratiques d’autre part. De plus, nous nous intéressons à l’influence du numérique sur la nouvelle génération : acculturation,  alphabétisation, littératie…

Endépit du développement des nouvelles technologies, de la modernisation des curricula, du renouvellement des idées pédagogiques, le travail des enseignants évolue lentement, selon le constat de Perrenoud[1]. Parce qu’il dépend faiblement du progrès technique, parce que la relation éducative obéit à une trame assez stable et parce que leurs conditions de travail et leur culture professionnelle enracinent les enseignants dans des routines. D’où la nécessité de cette rencontre scientifique qui sera l’occasion de mener une analyse approfondie sur la place du numérique dans les modèles éducatifs afin de :

  • mettre en lumière les politiques éducatives applicables dans ce domaine
  • travailler sur les représentations du numérique dans le milieu éducatif
  • étudier les pratiques  professionnelles du terrain

Les différentes interventions attendues lors de ce colloque devraient permettre de fournir des éléments de réponse aux questions suivantes :

– Dans quelle mesure les politiques éducatives locales tiennent-elles compte des besoins émanant du terrain ?

– Si oui, est-ce que ces politiques permettent de développer les compétences professionnelles requises pour l’enseignement/apprentissage des disciplines d’une façon générale et du français plus particulièrement ?

– Quelle place donne-t-on aujourd’hui au numérique dans la conception des référentiels des compétences et des métiers ?

– Quel français enseigne-t-on à l’ère du numérique ?

– Quels types d’outils numériques utilise-t-on dans les établissements scolaires et universitaires pour l’enseignement/apprentissage du français et des autres disciplines ?

– Quels changements les TIC ont-ils apporté d’une part à notre rapport aux  langues et disciplines et d’autre part à leur enseignement/apprentissage ?

– Quels effets l’apprentissage numérique exerce-t-il sur le processus d’acquisition du langage chez les enfants, notamment à besoins spécifiques ?

Les propositions de communication orale (15 minutes) ou  d’atelier interactif (60 minutes) doivent porter sur les axes ci-dessous ou sur tout autre sujet directement relié au thème du colloque.

Axe 1 : Politiques et dispositifs pour enseigner avec le numérique aujourd’hui (Présentiel, à distance, hybride ou Blended Learning, diplomation, certification). 

          Axe 2 : Référentialisation, méthodes et pratiques pédagogiques innovantes. 

Axe 3 : Education numérique, acquisition et représentations.

Échéances à retenir

Lundi 29 octobre  2018 Lancement de l’appel à communication
15 janvier 2019 : date limite pour l’envoi des propositions Merci d’adresser conjointement votre proposition de communication de 300 mots environ ainsi qu’une brève notice biobibliographique (en fichier séparé) avant le 15  janvier 2019 aux Coordinatrices  Mmes IhamSlim- Hoteit et Randa Naboulsi aux adresses suivantes : ihoteit@hotmail.com naboulsiranda@yahoo.fr
31 janvier 2019 Sélection des propositions et notification aux auteurs
22 mars 2019 Envoi du texte intégral des communications retenues. Les textes non envoyés à cette date ne seront pas publiés.

La communication respectera les normes de mise en page suivantes (APA) :

Police de caractère : Times New Roman 12 ;

Interligne : 1,5

15 000 à 20 000 signes maximum ;

Texte justifié à gauche et intertitres en gras ;

Citations insérées entre guillemets ;

Citations non insérées en italique et sans guillemets, avec un interligne unique ;

Référence dans le texte ; nom de l’auteur, année, page.

Bibliographie : elle sera renvoyée en fin de texte.


[1]– http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/php_1999/1999_26.html

Congrès de la CMA, Agadir 2018

<!– /* Font Definitions */ @font-face {font-family:Calibri; panose-1:2 15 5 2 2 2 4 3 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:swiss; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-520092929 1073786111 9 0 415 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-unhide:no; mso-style-qformat:yes; mso-style-parent: » »; margin-top:0cm; margin-right:0cm; margin-bottom:8.0pt; margin-left:0cm; line-height:107%; mso-pagination:widow-orphan; font-size:11.0pt; font-family: »Calibri », »sans-serif »; mso-ascii-font-family:Calibri; mso-ascii-theme-font:minor-latin; mso-fareast-font-family:Calibri; mso-fareast-theme-font:minor-latin; mso-hansi-font-family:Calibri; mso-hansi-theme-font:minor-latin; mso-bidi-font-family:Arial; mso-bidi-theme-font:minor-bidi; mso-ansi-language:FR;} h1 {mso-style-unhide:no; mso-style-qformat:yes; mso-style-link: »Heading 1 Char »; mso-style-next:Normal; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; text-align:center; mso-pagination:widow-orphan; 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Association Libanaise des Enseignants de Français- ALEF

Beyrouth, Achrafieh, Ecole normale Nabil Azouri- Tél. – Fax. +961/1/202871

www.alef-liban.org

Compte rendu

                  IVème  Congrès de la CMA, 24-28 juillet, Agadir2018

             « Apprendre le français, un projet personnel, un projet de vie »

Les travaux du congrès se sont répartis entre conférences inaugurales, réunions et ateliers associatifs, ateliers et communications.

  1. Conférences inaugurales :

Les conférences inaugurales se sont déroulées à raison de deux conférences inaugurales par jour.

« Les langues dans le monde et la place de l’arabe », Jean Louis Calvet.

M. Calvet a présenté, tout d’abord,  la situation linguistique du monde à l’heure de la mondialisation. Puis il a abordé le problème posé par « l’arabe » ou « les arabes »dans ce panorama mondial, pour en venir à une réflexion sur les rapports entre  les langues dans le Maghreb et Malte.

« Projet de vie, projet de caractère ; français langue de culture, langue de service : faut-il choisir ? » Jean Marc Defays.

M.Defays  a affirmé que la distinction entre « langue de culture » et « langue de service » est contestable. Il a ajouté qu’ « il est fort probable que ce que les référentiels, les programmes, les méthodes nous entraine à considérer comme « utile »s’avèrera dérisoire, voire néfaste demain ».

Le monde plurilingue et multiculturel  auquel les professeurs sont chargés de préparer la nouvelle génération, «  aura autant, sinon davantage besoin de culturel que de besoins spécifiques, de langues de spécialité pour au moins bien vivre ensemble ».

  « Un petit banlieusard et le français : de la terreur au projet de vie »,Samir Marzouki.

M.Marzouki raconte que sa première confrontation d’élève exclusivement arabophone avec le français  dans une école de l’état en Tunisie fut traumatisante alors que le français est devenu par la suite sa langue de médium principal d’enseignant chercheur, sa langue de prédilection pour l’écriture littéraire et le centre de son engagement associatif. Il a montré comment, à partir d’une rencontre désespérante, il a réussi à transformer  ce qui semblait un obstacle insurmontable en un atout, un projet de vie.

Ce fut un témoignage très émouvant  qui a suscité l’admiration de toute la salle et a recueilli des applaudissements à plusieurs reprises.

– « Le français, langue adoptive des enseignants », Jean–Claude Beacco

M.Beacco  a insisté sur le fait que tout locuteur est potentiellement ou effectivement plurilingue .Les langues qui le constituent peuvent être utilisées dans des contextes définis(au travail, en famille)ou d’une manière non fixée ,en alternance codique. Quelles réorganisations du répertoire l’appropriation d’une nouvelle langue peut-elle entraîner? Le français est- il toujours  pour qui enseigne le français, une langue personnelle adoptive ?

– « Préparer à une vie professionnelle en français : le réflexe francophone »,Fatima Davin, Jean-Pierre Cuq

Pour beaucoup de jeunes, de langue maternelle, seconde ou étrangère, l’avenir s’écrit en français. Mais « le français de France » ou « la culture française » ne couvrent pas l’ensemble des possibles en français. Il faut développer un véritable  « réflexe francophone ».

Les auteurs ont posé les questionnements théoriques que suscite l’enseignement de la francophonie et ont indiqué quelques pistes pédagogiques pour développer ce réflexe.

-« Apprendre en français :l’enseignement bilingue comme vecteur d’apprentissages disciplinaires linguistiques et culturels » Marielle Causa.

Mme Causa a abordé dans un premier temps, l’enseignement bi /plurilingue comme l’une des déclinaisons possibles des approches plurielles des langues et cultures. Dans un second temps, elle a montré que le développement bi/plurilinguisme individuel doit être conçu /construit comme une véritable manière d’être. Elle a cherché à proposer des pistes de réflexion  et des réponses aux question suivantes,dans sa conférence: comment les classes bilingues peuvent devenir un lieu où s’exerce une didactique intégrée des langues et DNL ? Quel type de formation devrait être suivie par les enseignants les langues et de DNL pour qu’une telle approche soit mise dans les classes ?

II. Les réunions et les ateliers de la CMA.

Depuis 2017, les congrès des commissions de la FIPF ont un volet associatif et stratégique qui a pour but de :

-permettre des échanges entre les associations membres de la  Commission

-faire un point sur les activités des associations et envisager  des projets futurs pour la région ;

-établir un dialogue avec les autres acteurs agissant en faveur de l’enseignement du français dans la région ;

-favoriser des échanges avec des partenaires potentiels.

Le volet associatif et stratégique du congrès d’Agadir a pris la forme suivante :

La journée du lundi 23 juillet a été consacrée à la première réunion de la Commission du monde arabe pour traiter des points suivants :

  1. Point rapide sur la situation de chaque association.

La réunion a commencé par un point rapide sur la situation de chaque association et sur l’activité de la commission.

-L’ALEF a présenté un tableau succinct de son action.

Notre association travaille en partenariat avec des instances scolaires et universitaires et se concentre sur une réflexion concernant l’enseignement du français.

Avec ces instances, nous menons des recherches dans le domaine scientifique afin d’actualiser les savoirs.

Cette action a un impact sur les rapports avec les réseaux tels que l’AUF et l’OIF et nous souhaiterions qu’ils reconnaissent officiellement les associations.

Le grand apport de l’ALEF dans ces partenariats avec les instances publiques et privées consiste à  offrir une expertise de qualité et une couverture médiatique via notre site et notre partenariat avec IF/profs et sur le plan international par le biais de la plate-forme coopérative de la FIPF.

visibilité de nos actions.

Les réalisations de l’Année 2018

  1. Un colloque accrédité par la  FIPF sur le thème « Le plurilinguisme dans l’enseignement au XXIe siècle : atouts et défis ».
  2. Un rallye lecture an partenariat avec l’Association des Ecoles Amlieh ;
  3. Un séminaire  sur une comparaison entre la phonétique arabe et la phonétique française « Les approches comparatives dans l’enseignement

/apprentissage des langues »

  • Participation de deux membres du Bureau de l’ALEF, Mme Ilham Slim-Hoteit, Secrétaire générale et Mme Randa Naboulsi à l’Université d’été de Balamand « Les pratiques réflexive  et l’autoévaluation »

Les projets immédiats pour l’année à venir :

Le colloque sur le plurilinguisme sera prolongé par des séminaires au Liban ou à l’étranger.

Un rallye lecture

Des rencontres avec des écrivains libanais francophones.

Le point sur les actions des associations était  suivi de deux ateliers parallèles.

  •  Les Ateliers

L’atelier 1 portait sur la réflexion suivante : Comment favoriser une relève générationnelle de professeurs qualifiés et répondre aux besoins de formation des enseignants de français ? Mme Randa Naboulsi a participé aux réflexions sur ce sujet.

L’atelier 2 portait sur l’évolution de l’image du français dans les pays du Monde arabe et sur les stratégies à entreprendre pour intéresser le public à la langue française et aux cultures francophones. Mme Sophie Salloum et Mme Ilham Slim-Hoteit ont participé aux réflexions sur ce sujet.

Les deux groupes se sont retrouvés pour une synthèse des ateliers  et une réflexion stratégique avec les partenaires des associations, le réseau culturel et de coopération du français : le Ministère français de la Culture, l’OIF, l’AUF, les Instituts français dans les pays du Monde arabe.

  • Présentation détaillée des réalisations des associations membres de la CMA

Le mercredi 25 juillet durant une table ronde associative, les associations de  la Mauritanie, de l’Algérie (ANEF), du Liban (ALEF) et de la Jordanie ont présenté leurs réalisations.

Le vendredi 27 juillet, durant une table ronde associative, les associations du Maroc, (AMEF), de l’Algérie (CNEFA), du Liban (ANEFL), de l’Egypte (AEPF) et de la Tunisie(ATPF) ont présenté à leur tour leurs réalisations).

Le samedi 28 juillet, s’est déroulée la dernière réunion de la CMA pour un bilan des activités et un ensemble de propositions pour les années à venir.

Quelques projets proposés :

Egypte

Un site CMA avec une formation du coordinateur

Formation de stagiaires

Réseau de chercheurs.

Algérie (CNEFA)

Former une équipe tournante au sein de la CMA

Organiser une réunion (date à fixer) avec un ordre du jour

Confier une tâche à une association

Constituer un groupe de chercheurs CMA

Le volet financier est à discuter

Liban (ALEF)

Une réunion annuelle des associations

Retour de la revue (problème du financement)

Maroc

 Constituer un fonds commun CMA Impossible

Le Secrétaire de la CMA

1 projet commun pour la CMA avec budget.

Formation de formateurs.

Le Président de la CMA

 Profiter des réseaux sociaux pour une meilleure visibilité des associations.

Un concours CMA pour les professeurs et les élèves.

Le plus grand projet à mettre en place : amélioration du niveau des enseignants

En parallèle avec ces réunions, les membres des associations ont eu une rencontre avec les opérateurs et partenaires potentiels : Le français dans le monde, TV5, FRI, CIEP.

  1. Ateliers et communications
  1. Ateliers :

Nombreux étaient  les ateliers, nous en citons :

Le français scientifique et technique : l’atelier s’étalera sur trois phases en présentiel et un suivi à distance (comment élaborer un test de positionnement ? Du référentiel aux modules, une formation en pédagogie numérique).

– Atelier d’écriture : comment rêver mon futur en français ? L’atelier comprend deux volets. Le premier porte sur la linguistique textuelle et le deuxième volet est consacré à l’évaluation des mailings rédigés par les étudiants de l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion d’Agadir (ENCGA) dans le cadre du cours « communication commerciale ».

Ateliers conjoints Le français dans le monde, Samir édition, magasine de la FIPF.

Apprendre et enseigner avec T5Monde : Depuis 1995,TV5 Monde a développé sur son site internet un dispositif multimédia unique et offre gratuitement en libre accès un vaste catalogue d’outils pédagogiques dédiés à l’enseignement et apprentissage du français. Durant l’atelier se fait la  présentation des ressources adressées un public vaste et varié.

– Atelier La pédagogie de projet par le théâtre en cours de français : cet atelier vise à :

– Enrichir les pratiques des professeurs et diversifier leurs qualités d’animateurs.

– Mutualiser les acquis linguistiques et culturels des apprenants.

– Développer leurs compétences de communication et de d’expression.

-Atelier formation Web-radio pédagogique : une Web-radio pédagogique est un support d’apprentissage innovant, ludique qui permet aux élèves de travailler de nombreuses compétences. La pratique de la radio favorise l’apprentissage des langues (élocution, phonétique, prosodie…).

-Atelier sur le concept de la connexion : ce concept issu du monde de l’orthophonie et parrainé par Eric Orsenna, a été testé et validé par de nombreux professionnels de l’enfance. ces ouvrages atypiques permettent le travail sur la valorisation des élèves et positionnent le texte comme source de plaisir.

  • Les communications :

Elles ont suscité des débats très intéressants et ont  développé une réflexion autour des axes suivants :

–  Le français, quelle incidence sur les projets de vie.

– Le français, langue d’expression Littéraire.

– Les technologies d’information et de communication en éducation.

– Enseignement du français et interculturalité.

– Didactique du français et projet de vie.

– Le français et les sciences.

– Politiques linguistique et éducative dans les pays arabes.

– L’évaluation en classe de français.

Le 4e congrès de la CMA a proposé des réflexions sur les problèmes que soulève aujourd’hui l’enseignement du français (principalement dans les pays du Monde arabe) dans un contexte multilingue et multiculturel. Plusieurs solutions ont été proposées pour éveiller l’intérêt des apprenants et leur faire prendre conscience que le français est une langue  permettant l’accès au monde du travail, sans pour autant perdre les valeurs humanistes qu’il véhicule.

Compte rendu rédigé par

Mme Sophie Nicolaïdès-Salloum, Présidente de l’ALEF

Mme Ilham Slim-Hoteit, Secrétaire Générale de l’ALEF

ALEF, Recommandations 2018

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Recommandations

L’École doctorale de l’Université Libanaise et la Fédération Internationale des professeurs de Français (FIPF) représentée par l’Association Libanaise des Enseignants e Français (ALEF) avec l’Association An Nour ont organisé les 22 et 23 mars 2018 un colloque international sur le thème « Le plurilinguisme dans l’enseignement au XXIe siècle : atouts et défis ».

Dans son discours inaugural, Monsieur Serge Borg, Président d’HERACLES, précise que « c’est au service du dialogue des langues et des cultures du monde que le plurilinguisme apparaît comme un véritable projet de société, comme un lieu de rassemblement, de synthèse et de complétude dans le respect des diversités des peuples au sein desquels il se développe, un plurilinguisme où les atouts et les défis de la francophonie, jouent un rôle moteur déterminant ».

A la suite des différentes interventions, plusieurs recommandations ont été proposées en fonction des axes mentionnées dans l’argumentaire.

I- La  politique du plurilinguisme :

Le plurilinguisme au Liban, hérité d’une situation sociohistorique séculaire souffre de l’absence d’une politique linguistique bien claire et bien fondée. Malgré un penchant naturel chez les Libanais vers les langues en général et le français en particulier, nous signalons le manque de planification et de perspectives d’avenir pour une promotion du plurilinguisme plus accessible à une plus grande masse.

Au niveau de la politique éducative, nous assistons à un marché éducatif concurrentiel mettant en avant le secteur privé au détriment du secteur public et favorisant une ouverture vers l’anglais sans qu’il y ait aucune réflexion ou politique de cohabitation et d’intégration des différentes langues. Les curricula et les programmes actuels d’enseignement des langues ont une vision cloisonnée de l’enseignement/apprentissage et font  abstraction du contexte langagier plurilingue de l’apprenant.

Sur ce, nous recommandons aux instances une politique éducative faisant œuvre durable et favorisant la didactique intégrée des disciplines à savoir les DL et DNL.

II- Les méthodologies de l’enseignement/apprentissage des langues

Malgré les orientations du curriculum actuel vers une approche communicative basée sur le développement des quatre  compétences (CO, PO, CE, PE), les méthodologies de l’enseignement/apprentissage des langues avantagent l’expression écrite au détriment de l’oral qui reste le parent pauvre dans notre contexte. Cet état de fait se répercute sur la maîtrise des langues au niveau de l’oral  et de l’écrit en même temps et touche aussi bien l’arabe que les autres langues de scolarisation (français et anglais). Cette situation se caractérise par des pratiques langagières alternant les langues en présence et utilisant fréquemment la traduction sans qu’il y ait prise de conscience ou planification du recours à la langue maternelle ; ainsi, l’instauration de nouvelles tendances en didactique en tenant compte de la réalité du terrain s’avère une nécessité.

III- Les pratiques langagières et les représentations des langues

Des recherches entreprises sur les représentations des langues dans le contexte libanais braquent la lumière sur des attitudes diverses vis-à-vis de ces langues et de leurs fonctionnalités ; ainsi, nous distinguons des langues à usages hauts réservées aux domaines professionnel et éducatif et d’autres langues à usage bas, limitées aux rituels sociaux et religieux. Dans le cadre d’un projet international portant sur les Dynamiques des Usages, de la transmission et des représentations du français dans l’espace arabo-francophone au Maghreb et au Moyen-Orient (DUFRAM), une enquête de terrain menée au Liban, au Maroc, en Algérie et en Tunisie montre que le français est une langue de savoir, de culture mais aussi et surtout une langue de communication, de mobilité et d’intégration professionnelle.

La cohabitation de plusieurs langues dans les pratiques socio-langagières des Libanais nécessite une prise en compte :

  • de toutes les langues connues par les apprenants, à la maison, en classe et hors de la classe pour préserver la place de la langue maternelle et accorder à chaque langue sa place dans le paysage linguistique du pays.
  • de la vie sociale des apprenants pour s’appuyer sur leur savoir et leur expérience familiale.

Ceci permettra de lutter contre l’exclusion scolaire de certains apprenants à travers le respect de leurs répertoires linguistiques, culturels et de leurs identités en tant qu’individus.

IV- L’enseignement du FOS et le plurilinguisme

Adopter une démarche FOS dans un contexte plurilingue exige une ingénierie de formation basée sur les langues et les cultures en présence.

L’arabe n’est pas une langue d’enseignement dans le domaine médical (à l’exception de quelques cours portant sur la déontologie et sur le droit médical tel qu’exercé au Liban). Mais les étudiants seront obligés de l’utiliser dans différentes situations de leur future profession : pour remplir l’historique médical du patient lors de la première visite, par exemple ; pour rédiger une prescription ou une commande de produits ou encore pour publier un article scientifique qui relève de la recherche médicale. Il est donc indispensable au niveau de la formation des enseignants :

– de développer une compétence de médiation linguistique à partir de trois axes :

a) l’axe de la médiation linguistique (traduction / interprétariat);

b) l’axe de la médiation culturelle et interculturelle (plurilinguisme, compétences non verbales et émotionnelles);

c) l’axe didactique et pédagogique (concevoir des activités et évaluer);

– de mettre en place des ressources bibliographiques qui rendent compte de la mobilité du sens de la terminologie médicale et de son usage à différentes époques historiques, tels que les  dictionnaires plurilingues spécialisés à la fois dans l’étymologie des termes médicaux et dans la migration de leur sens du/au domaine médical.

V- Les référentiels des métiers  d’enseignants  dans le contexte plurilingue :

La formation des enseignants dans les contextes plurilingues reste la question préoccupante ; quel référentiel de compétence adopte-t-on? Quelle place accorde-t-on aux compétences langagières dans la formation du et en français ? Faut-il donner la primauté à la formation de professeur polyvalent ?  

Sur le plan didactique et technologique la conception des supports  plurilingues authentiques et la  maîtrise de la nouvelle technologie et des ressources informatiques deviennent  la pierre angulaire de l’enseignement moderne. De ce fait, il semble nécessaire de proposer une nouvelle définition de référentiel d’enseignement. À l’heure actuelle, l’enseignant doit maîtriser plusieurs compétences pour interagir avec un public d’étudiants de plus en plus exigeants et ouverts à autrui.   Dans cet esprit, Perrenoud a souligné l’importance de dix compétences que les enseignants de l’ancienne génération n’avaient pas envisagées auparavant.

En outre, une analyse des méthodes et manuels scolaires préoccupe les enseignants et les concepteurs des programmes puisqu’ils ne répondent pas aux  besoins et aux tendances actuelles en didactique des langues.

VI- Les troubles du langage et le plurilinguisme mal géré   

L’absence des textes clairs en matière de politique linguistique se répercute négativement sur la qualité de l’enseignement/apprentissage et sur le suivi des troubles d’apprentissage et leur prise en charge d’où l’importance de doter les établissements scolaires de dispositifs de remédiation adéquats.

Nous mettons à la disposition des acteurs-décideurs de la réforme des curicula ces recommandations non exhaustives mais pertinentes scientifiquement.

Le comité scientifique du colloque, Mesdames  Sophie Nicolaïdes Salloum              Ilham Slim-Hoteit               Randa Naboulsi

ADMEE – juillet 2018

L’Association Libanaise des Enseignants de français(ALEF), représentée par Prs. Randa Naboulsi et Ilham Slim-Hoteit, membres de l’Association pour le Développement des Méthodologies d’Évaluation en Éducation –  l’ADMEE-Section du Liban, a participé à l’Université d’été organisée à L’Université de Balamand  les 5 et 6 juillet 2108 par l’ADMEE-Section Liban

sur

Les pratiques réflexives et l’Autoévaluation

dans une perspective de développement professionnel au supérieur

Nous félicitons le groupe organisateur pour les efforts déployés pour la réussite de cet événement international.

Séminaire: Les approches comparatives

Dans le cadre des journées d’études dédiées au plurilinguisme dans le contexte éducatif  libanais, le  séminaire organisé par l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF) à l’initiative de Mme le  Professeur Randa Naboulsi  et  le Bureau des Langues de l’Université Libanaise  en partenariat avec l’Université Al Jinan et l’Institut Supérieur d’Orthophonie de l’Université Saint Joseph sur  «  Les approches comparatives dans l’enseignement/apprentissage des langues »  s’est déroulé lundi 25 juin au Rectorat de l’Université Libanaise en présence d’un grand nombre de spécialistes linguistes,  enseignants de français au Bureau des Langues et à l’Université Libanaise ainsi que les Présidentes et les membres des deux associations ALEF et ANEFL . La séance a été modérée par Pr. Ilham Slim-Hoteit, Secrétaire Générale de l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF).

Dr. Fadi Calargé, Directeur du Bureau des Langues à l’Université Libanaise, a prononcé une allocution de bienvenue  où il a remercié le Président de l’Université Libanaise Pr. Fouad Ayoub pour son appui  et ses  encouragements, l’AUF pour avoir continuellement soutenu l’action du Bureau des Langues et les différentes instances qui ont participé  à l’organisation de ce séminaire. Il a enfin souhaité plein succès aux travaux de ce Séminaire.

Dans son discours Pr. Slim-Hoteit a précisé que « la prise en compte des différents systèmes linguistiques dans un seul contexte éducatif a été sujette à  des débats très vifs. Le séminaire d’aujourd’hui traite la question des contacts des langues  dans notre contexte éducatif  libanais dans plusieurs domaines : la phonétique comparative français/arabe, la formation des enseignants, la comparaison de la phonétique de la langue arabe classique et de la langue parlée, enfin la rééducation phonétique (présentation d’un cas clinique) ». Elle a ensuite présenté un ouvrage qui a enrichi les études phonétiques arabes contemporaines, un ouvrage unique dans son genre ,il s’agit du livre  publié en arabe  récemment  par Pr. Bassam Baraké et ayant pour titre La phonétique générale :les phonèmes de la langue arabe.

Ensuite, elle a passé la parole aux spécialistes qui ont développé une réflexion bien nourrie de l’analyse comparative en phonétique française et arabe littéraire et dialectal et ont témoigné  de leurs expériences personnelles menées en didactique des langues et rééducation du langage.

Ont pris la parole successivement :

  • Bassam Baraké, Professeur des Universités, Président de l’Université El Jinan, Secrétaire Général de l’Union des Traducteurs Arabes .Sa communication  a porté sur « Phonétisme du français, phonétisme de l’arabe : approche comparative ». Il s’agit d’une approche qui vise à donner de nouvelles habitudes articulatoires aux apprenants et de les  inciter à prendre conscience des particularités  de la langue cible, en l’occurrence, le français dans notre contexte libanais.
  • – Salam Diab-Duranton, Professeure des Universités, Directrice du Centre de Recherche et d’Etudes Orientales, à l’Université de Grenoble-Alpes Responsable de la Section Orientale-UFR Langues Etrangères, titre de son intervention est « La phonétique arabe entre diachronie et  synchronie : société et identité ».Partant de l’étude de l’évolution des dialectes du Mashreq, notamment le libanais, Salam Diab-Duranton  a étudié la place de ces dialectes dans les séries télévisées et l’investissement de ces séries dans l’enseignement de l’arabe et du français en tant que langues étrangères.

 

  • Madame Nouhad Abou Melhem, Orthophoniste clinicienne et enseignante à l’Institut supérieur d’orthophonie de l’Université Saint Joseph de Beyrouth. Sa communication a porté sur « La prise en compte de l’approche contrastive dans la rééducation du langage chez les enfants libanais bilingues ». Elle a précisé que « le Liban est un pays plurilingue au sein duquel les enfants dès leur plus jeune âge, acquièrent plusieurs langues.          Cette acquisition est toutefois déséquilibrée lorsque l’exposition à la L2 se              fait tardivement. Dans ce cas  là, le développement de L2 est marqué par transfert de la L1 et des  difficultés à percevoir les particularités de la L2. Une intervention orthophonique peut avoir lieu, suite à une évaluation approfondie du langage et du contexte d’apprentissage des langues, pour rééduquer ces imprécisions et ces confusions (phonétique et articulatoires par exemple) en s’inspirant le l’approche contrastive ».

 

  • Randa Naboulsi, Professeur de didactique et linguistique, à la Faculté de Pédagogie de l’Université Libanaise. Titre de son intervention « L’apport de la phonétique contrastive dans l’enseignement/apprentissage du français dans le contexte libanais ». Pr . Naboulsi a insisté particulièrement sur  la  nécessité de développer des stratégies d’enseignement apprentissage transférables de la Langue maternelle aux  langues apprises tardivement.

Pour terminer,  la séance  a été ouverte au public pour un débat  très intéressant et fructueux portant sur le statut du français au Liban, les stratégies  de l’enseignement / apprentissage d’une langue étrangère, le recours à la langue maternelle, la rééducation du langage, les problèmes de prononciation   et les difficultés articulatoires …

Prs. Ilham Slim-Hoteit et Randa Naboulsi

 

Compte-rendu de la conférence « Le Blended Learning »

L’ALEF était présente…

Mercredi 13 juin  à 10h00  s’est déroulé  au Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur,  le séminaire organisé par La Faculté des Lettres de l’Université Libano-canadienne (ULC) en partenariat avec la Faculté des Lettres de l’Université Islamique du Liban (IUL) sur « Le Blended Learning » au service de l’enseignement/apprentissage au Liban : cas de l’enseignement/   apprentissage des langues. 

Le séminaire a été animé par M. Pierre Gédéon, Directeur de l’ULC et modéré par M. Ali Kazwini – Housseini, Doyen de la Faculté des Lettres de l’IUL.

Un grand nombre de spécialistes de l’enseignement des langues a participé au débat dont Mme Ilham Slim-Hoteit, Secrétaire Générale de l’Association Libanaise des Enseignants de Français(ALEF), en présence du Directeur Général de l’enseignement Supérieur  M. Ahmad Jammal et le Directeur du Bureau Moyen Orient  de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), M. Hervé Sabourin.

« Le blended learning » a été conçu suite à l’échec du « e-learning » controversé par les différentes instances éducatives qui lui sont réticentes. Il s’agit de combiner l’enseignement en présentiel et l’enseignement en ligne. M. Ahmad Jammal a confirmé que ce type d’enseignement est reconnu par les lois de l’enseignement supérieur au Liban mais en fonction de certains critères qui demeurent indéterminés jusqu’à présent.

Hervé Sabourin a déclaré que l’AUF est tournée, depuis un an, vers une stratégie d’innovation pédagogique qui vise à l’utilisation approfondie des outils informatiques. Et selon une initiative mondiale, l’AUF travaille avec le Ministère pour la sortie d’un portail de ressources numériques comportant une bibliothèque numérique et des formations en ligne sur le « Blended learning ».

Compte-rendu Amlieh Mai 2018

Compte-rendu de la Journée francophone à AMLIEH

14 mai 2018

Sous le  Haut Patronage du Vice-Président M. Youssef  Baydoun  et  en partenariat avec l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF)  et l’Institut Français du Liban (IFL), les trois établissements (l’École Primaire, le Collège et le Lycée) de l’Association AMLIEH ont  clôturé les activités francophones pour  l’année scolaire 2017-2018,  le 14 mai 2018, par un événement intitulé « Voyage culturel ».

La cérémonie s’est déroulée à AMLIEH en présence du Vice-Président M.Youssef  Baydoun, de la Présidente de l’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF) Mme Sophie Nicolaïdès-Salloum, des adhérents de l’ALEF, des membres du Bureau de l’Association AMLIEH, des Directeurs des établissements scolaires, des enseignants de français et de Mme Maha Housseini, Chef du Département de français.

Le Vice-Président Monsieur Youssef  Baydoun  a ouvert la cérémonie par une allocution qui a mis l’accent sur les différentes dimensions et valeurs de la langue française :

« Nous célébrons aujourd’hui la langue française, sa créativité infinie, et les valeurs de paix, de solidarité, d’égalité et de respect de la diversité des cultures, qu’elle prône.

Le français est cette langue qui raconte le monde d’hier et de demain. Elle résonne par sa littérature, par sa poésie, par la chanson, le théâtre, le cinéma, le sport, le débat philosophique ou l’éloquence, partout sur les cinq continents. Elle tisse le récit entre des individus que séparent des océans, des déserts, des traditions, et qui, dans le creuset de la langue française, se retrouvent et se comprennent ».

Il a ajouté : « Lire c’est entrer dans la substance de la langue, mais aussi dans sa mémoire et son imaginaire. La lecture en français est au cœur de notre Institution. Le « Rallye de lecture » permet à nos élèves d’explorer d’autres cultures, et de se former. Ainsi, nous avons voulu faire des établissements de l’Association Amlieh un laboratoire de la Francophonie. Un espace d’éducation de qualité, de rencontres, de recherche, de travail, de découverte ».

Ensuite Madame Sophie Nicolaïdès-Salloum, Présidente de l’Association Libanaise  des Enseignants de Français, a pris la parole. Elle a présenté l’ALEF « Notre association est affiliée à la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF) et elle est membre de la Commission du Monde Arabe (CMA), au sein de la FIPF. Cette commission a été fondée au Liban au cours du Colloque Moyen oriental organisé par l’ALEF en 1995. (Vous y avez participé M. Baydoun par une interview filmée) ». Elle a ensuite affirmé « Cette journée mettra en relief les talents de nos jeunes élèves qui s’épanouissent lorsqu’on leur confie une tâche qui n’est pas un devoir ou un examen de français. L’ALEF encourage ces initiatives qui permettent aux apprenants de faire preuve de créativité dans le domaine artistique. Apprendre par le jeu, par l’art  est un moyen agréable de prendre contact avec cette langue porteuse de valeurs humanistes ».

Enfin, Mme Maha Housseini, Chef du Département de Français à Amlieh, chargée de cours à la Faculté de Pédagogie, Section1, Correspondante Nationale de la CONFEMEN et Membre du Bureau Exécutif de l’ALEF, a montré  dans son allocution que « La francophonie est un espace où l’on peut apprendre le français autrement. Les enfants ont autant besoin d’art, de belles histoires, de poèmes et de musique que d’amour, de nourriture, de plein air et de jeux. Seule une pédagogie vivante, plaçant les idées et la culture au centre des apprentissages, permet de les élever… C’est avec enthousiasme et joie que nos jeunes élèves ont réalisé les différentes activités et ont expérimenté la richesse des échanges francophones dans la ressemblance et la différence ».

Suite à ces allocutions d’ouverture et dans un moment privilégié de l’identité francophone, le programme riche et varié s’est déroulé comme suit :

  • Chansons : les classes EB1, EB2, EB3, EB4 ( École Primaire AMLIEH et Collège AMLIEH)
  • Théâtre et présentation d’un auteur francophone (École Primaire AMLIEH)
  • Conte : l’élève, Zeinab Atwi, classe EB7 (Collège AMLIEH), a été sélectionnée pour participer au Festival “Le tour du monde en 80 contes”.
  • Journal de voyage: la classe EB7 (Collège AMLIEH) la présentation d’un projet artistique et littéraire “Les petits écrivent aux grands”, par l’Institut Français, dans le cadre des événements dédiés à la francophonie.
  • La remise des prix du Rallye Lecture, édition 2018.

Madame Ilham Slim-Hoteit

Secrétaire Générale de l’ALEF

Synthèse Mmes Slim et Naboulsi

Synthèse

Mmes Ilham Slim-Hoteit et Randa Naboulsi

 C’est pour nous un très grand honneur et un réel plaisir de clôturer ce colloque international portant sur « Le plurilinguisme dans l’enseignement au XXIème siècle: atouts et défis ».

Tout d’abord un grand merci à tous les intervenants et à tous les participants qui ont accepté de nous faire partager leurs expériences. Nous avons assisté à plusieurs débats, ateliers et conférences portant sur des thèmes complémentaires et différents, attenant à une même thématique « Le plurilinguisme».

La première séance plénière a été consacrée aux réformes des curricula de formation universitaire et leurs adaptations aux besoins linguistiques du marché du travail.

Langues et employabilité animée par Monsieur Hervé Sabourin et Monsieur Mohamed Embarki, a abordé les représentations des langues chez les jeunes francophones et le rôle des langues dans l’insertion professionnelle dans le Monde Arabe.

La deuxième plénière, animée par Mme Salam Diab-Duranton et Mme Rachida Dumas, a traité « la formation des enseignants dans les contextes plurilingues ».

Suite aux plénières, deux séances parallèles ont été réservées à la riche problématique des écrivains plurilingues. Les différentes communications ont cherché à comprendre la notion de plurilinguisme littéraire à travers l’expérience des écrivains francophones. Les intervenants ont tenté de percevoir comment les écrivains envisagent les différentes langues en présence et quels sont les rapports qu’ils entretiennent avec leur outil premier, langue maternelle classique (soutenue) et dialectale. Ils se sont penchés particulièrement sur les rapports entre langue(s) et littérature, langues et identité et sur l’idée de l’écrivain comme passeur de cultures.

Jean-Michel Nzikou a analysé dans sa communication l’expérience scripturale de l’écrivain congolais T Chicaya U Tam’si dans ses deux romans les Concrelats et Ces fruits si doux de l’arbre à pain. Il a mis l’accent sur sa façon d’envisager les différentes langues en présence dans sa production littéraire et les rapports entre langues et littérature. Une attention particulière est portée à sa posture auctoriale ou à sa manière de se faire passeur de cultures.

Les rapports aux langues et cultures et les questions identitaires, l’identité pluriculturelle ou l’identité double en construction sont abordés par deux intervenantes, Mme Faten Kobrosli qui a travaillé sur Dans la paix, l’amour et rien d’autre de l’écrivaine Libanaise Ezza Agha Malak et Mme Sarah Kouaider-Rabah qui a analysé le roman de Rosie Pinhas – Delpueche Les suites bysantines.

 Mme Franceline Daher-Planche, a traité les dimensions interculturelles des enseignements spécialisés en master de didactique de la langue Française : l’étudiant doit connaître la culture de l’autre et l’interpréter notamment la culture française. Mais il doit, pour commencer, connaître sa propre culture à travers la langue de l’autre pour penser et parler l’interculturel: l’œuvre de l’écrivain libanais Alexandre Najar a servi de corpus à cette étude.

 Mme Mériem Zeharaoui, a étudié Dans le cadre de sa communication, le rapport à la langue française qu’entretient l’écrivaine sénégalaise Fatou Diome, dans son premier roman Le ventre de l’Atlantique, thématisation de la langue française et recours à la langue maternelle, faisant apparaître ce que l’on pourrait nommer une « écriture mixte ».

 Mme Dalia Khraybani, a décrypté les différentes figures du métissage dans Tribulations d’un bâtard à Beyrouth de l’écrivain libanais d’expression française Rami Zein, elle a démontré comment le métissage, générateur d’une identité hybride se propose comme solution à la crise identitaire endurée par le personnage principal du roman.

 Mme Carole Ajami, a traité dans un premier temps son rapport à la langue française en tant qu’écrivaine libanaise d’expression française puis elle a exposé son travail de recherche en tant que doctorante à l’UL, son choix d’écrivains de langues et cultures différentes pour son corpus, leurs rapports au français : les questions de plurilinguisme, de pluri-culturalité et identité constituent des centres d’intérêt pour sa recherche.

 Mme Amal Ammar, s’est penchée sur les difficultés de l’apprentissage de la lecture en s’appuyant sur les conclusions des recherches les plus récentes relatives au travail sur le code, la conscience phonétique et le lien entre lecture et écriture.

Après ces deux séances parallèles, deux séances consécutives ont été consacrées à « La formation initiale et continue des enseignants dans les contextes plurilingues : disciplines linguistiques (DL) et disciplines non linguistiques (DNL) ».

 Mmes Randa Naboulsi, et Ilham Slim-Hoteit ont traité la « Maîtrise du français langue véhiculaire des savoirs disciplinaires, chez des futurs enseignants des sciences, dans un contexte plurilingue au Liban ». Le recours à l’arabe dialectal libanais est récurrent dans des situations d’interaction orales dans les classes des disciplines non linguistiques. A partir d’une étude des besoins langagiers émanant du terrain, elles ont essayé de définir le niveau du français requis chez de futurs enseignants des sciences.

 M. Stéphan-Ahmad Hafez et Mme Nada Basbous ont ciblé dans leur communication «les cours bilingues dans les disciplines scientifiques. Le cas des cours de biologie au Département d’éducation physique et sportive de la Faculté de Pédagogie ». A partir des enquêtes de terrain, d’observations de classes et d’analyse des supports de cours, les auteurs ont étudié la façon dont les cours sont préparés, organisés et animés dans ces DLN et ils ont réfléchi à un plan d’action pour des cours de disciplines bi /trilingues complémentaires et contextualisés.

 Mmes Souheir El Haj et Hiam Daou, dans leur communication « Le plurilinguisme : une entrée pour la remédiation aux erreurs portant sur l’emploi des pronoms », ont analysé les productions écrites en langue française des apprenants, ont remarqué que l’emploi erroné de plusieurs catégories et fonctions grammaticales, surtout celle des pronoms, pourrait être imputé à l’interférence de la langue maternelle. Ce qui les a poussées à se demander dans quelle mesure l’entrée comparative, ou “conjointe”, par la syntaxe des deux langues (LM et LE) pourrait remédier aux erreurs syntaxiques des apprentissages dans ce domaine. La méthode suivie sera celle de l’analyse des erreurs qui devra conduire à proposer une syntaxe de remédiation répondant aux besoins des étudiants.

 Mme Nada Abdallah, a essayé de présenter les domaines d’usage du français dans le contexte libanais vis-à-vis des pratiques de l’arabe ou « des arabes ». Une comparaison entre les manifestations des langues d’usage est menée suite aux résultats du« projet DUFRAM ».

La 7ème et dernière séance a été également consacrée à « La formation initiale et continue des enseignants dans les contextes plurilingues »

Mme Radiah Haddadi, Dans un contexte algérien plurilingue par excellence où se concrétisent les politiques linguistiques entretenues par l’Etat ainsi que les conflits linguistiques générés. Cette contribution a mis l’accent, à partir d’une enquête de terrain, sur les problèmes d’apprentissage de FLE, notamment ceux liés à la prononciation chez les apprenants algériens. les causes des carences en prononciation du français sont dues incontestablement et en partie intégrante à la dissimilarité des deux systèmes phonologiques (arabe et français) et pourraient aussi être en rapport avec les représentations sociolinguistiques de cette langue.

 Mmes Souad Saidoun et Imane Ouahib se sont intéressées aux difficultés liées au traitement de l’implicite, chez les lycéens algériens, lors de la lecture d’un texte littéraire. Partant d’un constat sur le terrain, elles ont remarqué lors de la lecture du texte littéraire que de nombreux lycéens peinent à interpréter l’implicite. Ce constat nous a amené à se poser les questions suivantes : Quelle place accorde-t-on à l’enseignement des inférences au cycle secondaire ? et comment favoriser l’enseignement des inférences ? Cette recherche vise à approcher les pratiques enseignantes pour décrire ce qui se fait dans le traitement de l’implicite et à proposer un dispositif qui favoriserait l’activité inférentielle.

 Mme Wajiha Smaili, a montré que l’une des principales manifestations du bi-plurilinguisme dans le système scolaire libanais c’est l’enseignement précoce de deux ou plusieurs langues dès l’entrée de l’élève à l’école. L’étude de Mme Smaili a porté sur une analyse des manuels de la première classe de primaire (EB1( d’arabe et de français les plus utilisés dans les écoles libanaises (publiques et privées). Elle a dans un premier temps déterminé les compétences de base pour entrer en lecture, elle a ensuite conçu une grille d’analyse des manuels à partir des compétences déterminées, des grilles d’analyse des manuels de langues et une prise en considération de la réalité du terrain. La présentation s’inscrit dans la perspective d’une didactique intégrée des langues dans un contexte plurilingue.

 Mme Hoda Koteich, Plusieurs études et statistiques ont confirmé que les libanais parlent plusieurs langues, dont récemment le rapport élaboré suite aux données collectées dans le cadre d’un projet international portant sur les Dynamiques des Usages, de la transmission et des représentations du Français dans l’espace Arabo-francophone au Maghreb et au Moyen-Orient (DUFRAM).

Les résultats ressortissant de ce rapport prouvent, par les chiffres, la cohabitation de plusieurs langues dans les pratiques socio-langagières des libanais, où plusieurs facteurs (psychologiques, sociologiques, linguistiques, culturels et cognitifs) entrent en jeu.

Il s’agit principalement des trois langues : l’arabe (avec toutes ses variantes), le français et l’anglais. L’anglais dont la présence était timide dans la société libanaise, réussit à y trouver place, mais sans pour autant supplanter le français, comme c’est généralement le cas actuel dans le milieu éducatif libanais.

La Table Ronde en plénière animée par Mme Sophie Nicolaïdès-Salloum a traité « Contact des langues : les français en francophonie »

Intervenants : M. Serge Borg, M. Hayssam Kotob, Mme Rachida Dumas, M. Youcef Arrif, M. Jean-Michel Nzikou, M. Adil El Madhi.

Le français est une langue universelle partagée par des locuteurs venus des quatre coins du monde. Et comme une langue est une culture, elle s’enrichit grâce aux apports des autres langues et elle enrichit, à son tour, les langues en contact avec elle.

Que faut-il faire des mots ou expressions produits des cultures francophones ? Faut-il les intégrer dans la langue française ou juste les signaler comme des mots exotiques ? A quel point le français répond-il aux besoins de ses interlocuteurs dans l’espace francophone ?

Si la langue française tient à rester une langue universelle, elle doit faire preuve de souplesse.

Pour terminer, il est intéressant de noter que cette synthèse a fait suite à la synthèse conjointement élaborée par M. Serge Borg et Mme Salam Diab-Duranton.