JIPF2023

« Fières et fiers d’enseigner le français »
L’Association Libanaise des Enseignants de Français (ALEF) a célébré, dans une ambiance festive, le 23 novembre de 16,00 H à 18,00 H, la Journée Internationale des Professeurs de/en Français (JIPF) organisée en partenariat avec l’Ambassade de France, la Représentation de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), la Fédération Internationale des Professeurs de Français (FIPF) et le Ministère de l’Education et de l’Enseignement Supérieur (MEHE).
Cet événement institué en 2019, coordonné par la FIPF et soutenu par plusieurs instances francophones s’est vite imposé comme une tradition et un rendez-vous attendu par les professeurs de/en français partout dans le monde.
Pour sa 5ème édition la JIPF est parrainée, cette année, par M. Abdo Diouf, Secrétaire Général de la Francophonie.
L’ALEF a choisi d’honorer les enseignants de français du Liban, par une rencontre/témoignages en webinaire intitulé « Professeurs de français au Liban, fierté au cœur de l’enseignement »
Etaient présents : M. Imad EL Achkar, Directeur Général du Ministère de l’Education et de l’Enseignement Supérieur, Mme Sabine Sciortino, Conseillère de Coopération et d’Action Culturelle à l’Ambassade de France, M. Lévon Amirjanyan, Directeur de la Représentation de l’OIF, M. Jean-Noël Baléo, Directeur régional de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) au Moyen-Orient, M. Ludovic Zmtrowicz, Attaché de Coopération pour le français à l’Institut Français du Liban,(IFL) , Mme Stéphanie Risk, Attachée de gestion et de projets, à l’OIF, REPMOR), R.S Emmanuel El Hage, Doyenne de la Faculté de Pédagogie de l’Université de la Sainte Famille – Batroun, Mme Sanaa Hammoud (MEHE) , M. Eric Garnier (MEHE), Mme Sophie Nicolaïdès-Salloum, Présidente de l’ALEF, Mme Ilham Slim-Hoteit, Secrétaire Générale de l’ALEF, Mme Odette Yanni, Vice–Présidente, les membres du Bureau Central Mmes Maha Husseini, Joséphine AKl, Faten Kobrosli, Hasna Bouharfouche, Clara Lakis, Ghiwa Ghanem, Nada Sleiman, Leila El Sayed, Carole El Ghouri et M.  Habib Zorkot, et un grand nombre d’enseignants de français, directeurs et directrices d’établissements et responsables pédagogiques .
L’inauguration de la cérémonie a débuté par les hymnes nationaux libanais et français puis par une ouverture en musique (les élèves honorent leurs professeurs de français) :
« Enfants de tous pays » Chanson de Enrico Macias, interprétée par les élèves de 6ème, Collège Protestant Français, (CPF) sous la direction de Mme Rita Zoghbi avec la participation de la soliste Ninawa Kaedbey.
A suivi l’ouverture l’allocution de bienvenue de Mme Sophie Nicolaïdès-Salloum Présidente de l’ALEF :
« Cette année, le thème « Fières et fiers d’enseigner le français » ne fait pas appel à nos compétences, mais à nos sentiments. Il nous invite à exprimer avec des mots venus du cœur ce que représente pour nous l’exercice de ce métier.
Plus qu’une profession, enseigner le français est, à nos yeux, une mission, voire une vocation.
Je remercie chaleureusement le Ministère de l’Education et de l’Enseignement Supérieur, l’Ambassade de France, l’Agence Universitaire de la Francophonie pour leur soutien moral, l’Organisation Internationale de la Francophonie, et la Fédération Internationale des Professeurs de Français pour le soutien moral et financier.
Je remercie également mes collègues du Bureau central pour leur engagement et leur dévouement à notre association, en particulier M. Habib Zorkot pour la collecte des témoignages et la projection des vidéos et Mme Ilham Slim-Hoteit, notre Secrétaire Générale pour avoir investi de longs mois au suivi des préparatifs de cette journée très spéciale pour nous professeurs de français.
Enfin, un grand merci aux collègues qui ont témoigné de leur fierté d’enseigner le français et aux élèves du Collège Protestant Français pour les chansons françaises qui nous offrent quelques instants hors du temps ».
Mme Cynthia Eid-Fadel, Présidente de la FIPF, s’est exprimée dans une vidéo diffusée à cette occasion ; « Chaque jour aux quatre coins de la planète, nous pratiquons notre métier par passion de la pédagogie et par amour pour la belle langue qui nous unit toutes et tous.
Nous faisons découvrir à nos apprenantes et apprenants la richesse du français dans des francophonies plurielles, polymorphes et polyphoniques. Nous pouvons en être fiers.
La journée Internationale des Professeurs de Français dans sa cinquième édition résonne profondément en nous. Nous sommes fiers de faire découvrir de nouveaux horizons à nos étudiantes et étudiants, de les aider à se doter des outils de compréhension d’un monde complexe dans lequel le plurilinguisme et le pluriculturel sont des atouts indispensables. Nous sommes fiers d’être des médiatrices et des médiateurs linguistiques et culturels. Nous sommes fiers d’ouvrir à nos apprenantes et apprenants les portes de l’échange et du dialogue. Nous sommes fiers d’être les bâtisseuses et bâtisseurs de paix. Nous sommes fiers de construire un tremplin dans la réussite personnelle et professionnelle de nos étudiantes et étudiants […] nous sommes les gardiens d’une langue qui incarne l’Histoire, la culture et la diversité dans les francophonies ».
M. Jean-Noël Baléo, a affirmé « Aujourd’hui, la langue française, tout en conservant ses atouts spécifiques linguistiques et culturels, s’affirme comme une langue utilitaire, une langue de l’employabilité et de l’emploi, du numérique, des échanges économiques et de la mobilité internationale. Les jeunes de la région qui choisissent le français l’ont bien compris. Et c’est à vous, les profs, qu’il revient de relayer ce message de foi en l’avenir francophone, qui doit être tout sauf pessimiste et décliniste. Alors, oui, soyez fiers d’être profs de français. Un dernier remerciement aux profs de français, vous êtes le cœur du moteur francophone, et la Francophonie scientifique sait ce qu’elle vous doit ».
M. Lévon Amirjanyan, a pris la parole pour saluer les professeurs de français du monde entier et surtout du Liban qui œuvrent dans des circonstances très difficiles : « C’est avec un grand plaisir que je m’adresse à vous, au nom de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer la Journée Internationale des Professeurs de Français, un événement qui transcende les frontières et incarne l’essence de notre engagement envers la langue française et sa richesse culturelle. Je remercie l’Association Libanaise des Enseignants de Français pour l’organisation de ce webinaire. Le thème de cette année est inspirant « Fières et fiers d’enseigner le français » : vous avez de quoi être fiers chers enseignantes et enseignants. Les professeurs de français sont les gardiens de notre patrimoine linguistique et culturel. Ils sont les artisans qui transmettent non seulement une langue mais toute une vision du monde et des valeurs. Ils incarnent la francophonie au quotidien, ils insufflent aux apprenants l’amour de la langue française créant ainsi des ponts entre les cultures et renforçant les liens qui nous unissent tous, ayant le français en partage ». S’adressant aux professeurs du Liban « Nous connaissons les difficultés que vous rencontrez mais nous célébrons aussi votre résilience et votre détermination à surmonter les obstacles. Votre mission déjà noble prend une dimension héroïque dans ce contexte difficile ».
Mme Sabine Sciortino, a remercié l’ALEF pour son action en faveur de la francophonie : « Je remercie l’ALEF pour tout le travail fait tout au long de l’année en soutien à la francophonie, avec toutes ses nombreuses activités de formations et d’informations pédagogiques, soutenues d’ailleurs par l’Institut Français.
Moi, je trouve que la Journée Internationale des Professeurs de/en français est vraiment une initiative formidable pour rappeler tout simplement le rôle essentiel que chacun, chacune de vous, vous jouez pour faire rayonner la langue française. C’est un métier exigent. Il faut beaucoup de rigueur, de persévérance, tout ceci n’est pas facilité par le contexte que traverse le Liban, mais c’est un métier tellement valorisant que vous faites, un métier qui est fait de transmission, de partage.
J’admire votre engagement malgré les circonstances, pour chercher à innover dans les pratiques de l’enseignement toujours pour donner au français une place prépondérante dans l’éducation.et puis chacun, chacune, vous contribuez à former le citoyen, la citoyenne libanais, libanaise de demain. Je suis convaincue que ce qui fait la singularité du pays c’est vraiment son plurilinguisme, le fait que les langues ne sont pas concurrentes mais au contraire complémentaires et chaque langue supplémentaire qui est parlée contribue, participe à la construction de l’identité de chacun […] Alors Mme Slim-Hoteit, vous avez cité un événement que je trouve important et symbolique qui a eu lieu il y a quelques semaines qui a été l’inauguration de la Cité de la Langue Française à Villers-Cotterêt. Le Président de la république s’exprimait, il décrivait le français comme « une langue de liberté, d’universalisme, une langue vivier qui servira toujours de passeport, de ralliement à ceux qui se réclament d’une certaine communauté de valeurs et d’art de vivre ».
Elle a enfin confirmé l’appui du l’IFL de l’Ambassade à l’Education au Liban, par différents programmes mis en application.
Enfin, M. Imad El Achkar a été invité à prendre la parole : « Si le Liban est toujours le cœur de la francophonie au Moyen-Orient, c’est grâce à la formation académique, pédagogique et linguistique, aux compétences professionnelles et à l’investissement personnel quotidien et historique de plusieurs générations qu’il le doit. La présence de la francophonie repose majoritairement sur le système éducatif. Le français n’est pas une langue étrangère comme les autres langues. C’est une langue libanaise, initialement diffusée grâce aux missionnaires chrétiens du Levant même si elle n’est plus l’apanage d’une seule communauté : 60% des élèves libanais suivent des cours dans des écoles bilingues arabe/français et la France demeure la première destination des étudiants libanais qui veulent s’expatrier. » M. El Achkar a souligné également l’attractivité des étudiants libanais pour les employeurs du monde entier et c’est grâce à leur plurilinguisme et à leur bonne connaissance de la langue française.
Le podcast a permis aux enseignants qui ne pouvaient pas être connectés d’exprimer leur fierté d’enseigner la langue française. Ce sont Mmes Lima Reaidy, Diana Hammoud, Carole Bou Nader, Sabine Baradiyi et Liliane Zeayter.
A suivi l’intermède musical : « Une noix », chanson de Charles Trenet interprétée par les élèves de 5ème, Collège Protestant Français, CPF.
Les témoignages vivants, subtils, sincères, profonds et émouvants ont été suivis d’un débat dirigé par la modératrice Mme Hasna Bouharfouche.
Quelques extraits :
Mme Maha Huseini : « En tant que professeur de français, je suis animée par la passion de partager la richesse de la langue française et de contribuer à l’épanouissement linguistique ainsi que personnel, culturel, social et humain des jeunes apprenants. Enseigner le français, c’est amener mes étudiants à maîtriser cette langue pour avoir un accès plus sûr au monde francophone, et au monde du travail où le plurilinguisme est devenu un atout ».
Dr Faten Kobrosli : « Mon rôle fondamental visait à captiver l’attention des apprenants, à susciter leur intérêt en leur offrant des moments de magie et d’attente pour découvrir du nouveau, à les motiver et à les encourager pour ressentir ce plaisir d’apprendre, à participer activement à leur apprentissage en travaillant sur le comment apprendre à apprendre, et tout ceci exigeait la patience, l’altruisme, la rigueur et la tolérance. Ce métier de prof de français fait de tâtonnement, est complexe, exigeant mais aussi fascinant. Il demande des qualités relationnelles, mais aussi des émotions, des sciences, des méthodes et des stratégies efficaces, des pratiques variées, un état d’esprit flexible ».
Mme Ghiwa Ghanem : « Être enseignante de français, c’est bien plus qu’un simple métier. C’est une véritable vocation, une passion qui m’anime au quotidien. J’ai le privilège et la responsabilité de transmettre non seulement la langue, mais aussi la richesse de la culture francophone ».
L’une des choses les plus gratifiantes de cette profession est la possibilité de voir l’évolution de mes étudiants au fil du temps. En tant qu’enseignante de français, je suis témoin de leurs progrès, depuis leurs premiers pas hésitants dans la langue jusqu’à leur capacité à s’exprimer avec aisance et confiance ».
Mme Odette Yanni : « Ma fierté réside dans la richesse de la francophonie et la diversité qu’elle apporte. Enseigner le Français ne se limite pas à transmettre une langue, mais à ouvrir les portes d’un monde diversifié. La francophonie est donc un pont qui relie les gens du monde entier. C’est la possibilité de découvrir des accents, des traditions et des perspectives différentes, tout en partageant une langue commune. C’est une célébration de la diversité qui nous unit.
En tant qu’enseignante de français, j’ai le privilège de voir mes élèves grandir linguistiquement, mais aussi de les voir s’ouvrir à de nouvelles cultures, devenir des citoyens du monde ».
Mme Clara Lakis : « Comme Sartre dans L’Être et le Néant, je crois que l’enseignement de la langue française est une existence. Cette langue est un moyen pour les gens de s’exprimer, de se connecter les uns aux autres et de créer du sens.
Comme Hugo dans Les Misérables, je crois que la langue française peut débloquer le potentiel des gens. Elle peut leur donner les moyens de s’éduquer, de se développer et de réaliser leurs rêves.
Oui, je suis fière, tellement fière, parce que cette langue que j’enseigne m’a permis d’exceller dans tous les domaines. Grâce à cette langue et aux valeurs qu’elle véhicule, j’ai appris à communiquer et à argumenter, à convaincre et à persuader tous ceux qui m’entourent : mes élèves en classe et les professeurs que je forme. Grâce à cette langue, j’ai pu semer tous les savoirs en vue de bâtir un monde meilleur ».
Mme Leila El Sayed : « En tant qu’enseignante de français depuis des années, je suis animée par une grande fierté de mon métier. Cette journée a été l’occasion idéale pour se rencontrer, partager ses expériences et célébrer sa passion pour la langue française ».
Après, c’est la finale en musique : « Instit », chanson de Patrick Bruel, interprétée par un groupe d’élèves de 5ème, Collège Protestant Français, CPF .
Enfin, Mme Ilham Slim-Hoteit a clôturé la séance en affirmant : « Oui, je suis fière d’enseigner le français et de lui consacrer avec passion et dévouement toute une carrière. Enseigner le français c’est s’ouvrir au monde d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Enseigner le français, c’est créer des ponts entre les cultures, enseigner une langue de communication, une langue de l’employabilité, de transmission des savoirs et des arts, une langue véhicule de valeurs humanistes ».
Secrétaire Générale de l’ALEF
Ilham Slim-Hoteit